humains sur terre

Et si on comptait le nombre d’humains ayant vécu sur Terre?

La Terre compte actuellement 7,6 milliards d’habitants et ce nombre pourrait atteindre 10 milliards en 2050. Mais, combien d’êtres humains ont vécu sur Terre depuis l’apparition de l’Homo Sapiens ? Ce calcul, basé sur de nombreuses hypothèses, est relativement complexe. Heureusement, le « Population Reference Bureau » (PRB), une ONG américaine spécialisée dans les tendances démographiques, s’est penché sur la question.

L’occasion de découvrir que la croissance démographique de notre espèce a été longue et laborieuse

L’homme moderne est apparu il y a 300 000 ans. En 2017, de nouvelles découvertes sur le site de Jebel Irhoud, au Maroc, ont fait reculer de 100 000 ans les origines de notre espèce. Jusqu’alors, la communauté scientifique pensait que notre arrivée remontait à 200 000 ans. Cependant, le PRB a choisi comme point de départ – 50 000 avant J.-C.. Il considère que c’est à ce moment-là que l’homme est devenu vraiment semblable à ce que nous sommes actuellement. Mais la durée de la présence humaine n’est qu’un des deux facteurs pour calculer combien d’humains ont vécu sur Terre. Le deuxième facteur est la taille moyenne de la population humaine à différentes périodes. Et c’est là que l’évaluation devient très complexe.

Il n’existe pas de données démographiques pour 99 % de la durée de l’existence humaine, de sorte qu’on ne peut que faire des suppositions sur les taux de natalité, de fécondité et de mortalité. Difficile aussi d’évaluer les effets migratoires et les brusques baisses de la population dues à des épidémies, à des famines et aux changements climatiques. Le PRB a commencé par définir des tailles de population pour différentes zones de la planète, depuis l’apparition des Homo Sapiens jusqu’à aujourd’hui. En l’absence d’informations sur le taux de natalité avant l’époque moderne, le PRB a appliqué un taux constant. Il a été fixé à 80 naissances pour 1 000 habitants/an jusqu’en l’an 1 de notre ère, à 60 pour 1 000 de l’an 2 jusqu’à 1750. À partir de la période moderne, le taux tombe à 30 pour 1 000 jusqu’à ce que les statistiques officielles prennent peu à peu le relais pour tous les pays. En comparaison, le taux de natalité actuel de la France est de 11,3 naissances pour 1 000 habitants.

Comment passe-t-on alors de 5 millions à 7,5 milliards en 10 000 ans ?

La population mondiale était en effet de l’ordre de 5 millions d’habitants vers 8 000 avant J.-C., pour atteindre 300 millions au cours de la première année de l’ère chrétienne. Même si ces chiffres ne sont que des estimations, ils indiquent un taux de croissance de 0,0512 % par an sur cette période. Ce résultat est très faible, mais il s’expliquerait surtout par une espérance de vie moyenne d’une dizaine d’années seulement. C’est d’ailleurs un taux qui aurait été identique pendant pratiquement toute l’histoire humaine.

En 1650, 500 millions d’habitants vivaient sur Terre. Là aussi, la croissance est faible — 66 % en 1650 années — à cause notamment de l’impact de la peste noire en Asie et en Europe. Par exemple, la moitié de la population de l’Empire byzantin aurait été tuée par la peste au VIe siècle, soit un total de 100 millions de morts. Ce n’est qu’en 1800 que la population mondiale franchit le cap du milliard d’habitants. Depuis, les progrès de la médecine, des conditions d’hygiène et de la nutrition ont fait baisser fortement les taux de mortalité, permettant ainsi à un plus grand nombre de personnes de vivre suffisamment pour procréer.

108,4 milliards de naissances depuis le début l’apparition des Homo Sapiens. C’est l’estimation finale calculée à partir d’une méthodologie que le PRB qualifie lui-même de semi-scientifique. On peut alors considérer qu’environ 7 % de toutes les personnes nées sur Terre y vivent actuellement. C’est un résultat considérable quand on sait que la durée totale couverte par cette évaluation est de 50 000 ans. En tout cas, cela permet de mesurer à quel point la croissance démographique au cours du XXe siècle représente un fait historique sans précédent.